la terreur souterraine

au boulot ou à l’écran : la terreur souterraine
 
Au début des années 70, un jeune publicitaire américain réalise à Londres son premier long-métrage. Le Métro de la mort demeure aujourd’hui encore un film de genre témoin de son époque.
C’est à l’orée des années 80 que pour la première fois je vois Le Métro de la mort. À l’époque, on ne parle pas encore de ‘multiplexes’ mais la concentration du secteur ne tardera pas à entraîner la disparition progressive des salles indépendantes. On comptait cinq cinémas en activité dans le centre-ville de Boulogne-sur-mer dont certains faisaient la part belle aux productions de genre des années 70. Sur les écrans de salles parfois défraîchies se succédaient des réalisations aux titres baroques : Pirhanas, La Nuit des vers géants, La Course à la mort de l’an 2000… et Le Métro de la mort.
Le récit s’appuie sur l’une des nombreuses légendes urbaines dont la ville de Londres s’est fait une spécialité. Celle-ci rapporte qu’en 1892 des ouvrières et des ouvriers employés à la construction du métro de Londres auraient survécu sous les décombres d’un éboulement. L’entreprise en charge des travaux ayant fait faillite, elle abandonna délibérément les rescapés à leur sort. Leurs descendants auraient formé une communauté singulière de cannibales qui hantent les profondeurs de la ville…
Comme nombre de films de sa catégorie, Le Métro de la mort contient une indéniable charge critique en phase avec son temps. Lorsqu’il débarque à Londres en 1972, son réalisateur, Gary Sherman, confesse avoir été frappé par l’importance que revêtent les divisions de classe au sein de la société anglaise de ces années-là. Il y fera référence tout au long de son film, qui résonne au diapason d’une période secouée par une forte conflictualité ouvrière.
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